Témoignage
Böwe Systec
Interview d'Alain Labourdette, directeur commercial de BÖWE SYSTEC France, 11 avril 2010
Partenaire de l’activité Systèmes d’Impression de production Océ depuis plus de vingt ans, Böwe AG, groupe international historiquement spécialisé dans les machines de découpe on-line, offre aujourd’hui des solutions complètes de pré et post-impression venant s’intégrer dans des lignes numériques à haute et moyenne vitesse. Cette holding, dont le siège et l’unité de production principale des matériels de mise sous pli sont situés à Augsbourg (Allemagne), compte près de 800 collaborateurs répartis en bureaux d’études, fabrication, développement de logiciels associés et services. A noter la division CARDTEC, spécialisée dans la fabrication et la personnalisation des innombrables cartes bancaires, téléphoniques ou encore d’identification officielle ou commerciale des personnes. Pour atteindre un chiffre d’affaires annuel mondial de l’ordre de 500 M€, le groupe Böwe s’appuie sur une mosaïque de 22 filiales solidement implantées dans la plupart des pays européens, Etats-Unis et Asie. Issue du rachat et du regroupement, il y quatre ans, du Suédois Lasermax et de l’Américain Roll Systems, la gamme des équipements de finition est désormais distribuée sous le nom de LRS (Lasermax Roll Systems), cette activité appartenant pleinement au groupe Böwe...
Böwe Systec France à Noisy-le-Sec (93)
Bien placée dans le trio de tête des grandes filiales, Böwe Systec France, avec ses 93 salariés, a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires global de 17,4 M€. Chaque filiale détient sa propre organisation technique et commerciale. Ainsi, le partenariat Böwe Systec France/Océ-France peut s’enorgueillir de l’installation de près d’une trentaine de solutions communes en France.
Océ : Quelles solutions pouvez-vous mettre en œuvre ?
Alain Labourdette : En amont de l’imprimante, nous pouvons installer tout ce qui touche à l’approvisionnement de la machine, qu’il s’agisse de dérouleurs de bobines ou de systèmes d’alimentation de feuilles en paquets. En aval, on est dans le domaine de la finition. Ce sont toutes ces solutions techniques qui, au bout du compte, vont valoriser le document lui-même. Hormis le cas des reprises bobines pour un suivi offline, le document imprimé se verra le cas échéant coupé au format, assemblé, agrafé, collé ou plié pour devenir effectivement un magazine, un livre ou un document de marketing mis sous pli ou sous film, prêt à l’expédition.
Océ : Où se termine la finition et où commence la post-impression ?
Alain Labourdette : La notion de finition pure peut être rattachée aux multiples fonctions directement liées au métier de l’impression, notamment au domaine du livre ou du magazine. On parlera plutôt de post-impression dans les domaines transactionnels tels que la banque, l’assurance, l’administration ou le marketing direct où le système repose sur des contrôles rigoureux d’intégralité (liée à la qualité de la production) et d’intégrité (liée à la personnalisation du document). Ces contrôles requièrent une codification sophistiquée pour des analyses par caméra travaillant souvent à 180 mètres à la minute. LRS propose aussi des fonctionnalités telles que la micro-perforation verticale, longitudinale voire dynamique qui constituent un atout pour de nombreuses applications de l’éditique et du marketing direct (coupons détachables, TIP, etc.)
Quelques références communes…
Alain Labourdette : C’est surtout dans ce domaine de la post-impression que nous collaborons avec Océ-France. Nous avons en commun de nombreuses références dans les salles de courrier à grande vitesse. Outre les banques et les assurances, nous pouvons citer des administrations comme Pôle Emploi. Nous avons installé des lignes « 100% LRS / Océ » chez COFILMO, prestataire de service pour le Crédit Agricole dans l’ouest et le sud-ouest. Il s’agit là de solutions Bobine / Bobine et Bobine / Hautes Piles avant mise sous pli.
Chez CFI Technologies, c’est autour de deux presses numériques couleur Océ ColorStream 10000 que nous avons intégré nos solutions de pré- post impression Bobine / Bobine.. Dans ce cas, la qualité et la précision du rembobinage de nos équipements contrôlées en continu sont essentielles, au même titre que le suivi des fonctions d’impression générées et gérées en amont par Océ.
Tendances
On observe deux grandes tendances dans l’impression de production transactionnelle : la massification des flots d’impression et l’utilisation de la couleur pour l’impression numérique des annexes. Cette méthode de production va éliminer de nombreuses opérations extérieures contraignantes comme les margeurs et autres stockages intermédiaires. La constante augmentation de la vitesse des imprimantes et des unités de mise sous pli permet de proposer ce mode opératoire dès à présent.
Le TransPromo en France
En France, ce marché est encore embryonnaire. Pour Alain Labourdette, le développement de ce marché et de ce type d’applications ne pourra pas être rapide pour des raisons sans doute plus culturelles que technologiques. Pour lui, les acteurs de la grande distribution seront les précurseurs, les banques françaises et autres institutionnels n’étant pas aujourd’hui prêts à associer impression transactionnelle et marketing direct dans un même document. Les publicitaires nous ont appris que « trop d’info tue l’info » : pour ne pas transgresser cette règle ni se couper de cette incontestable avancée technico-économique, la réponse viendra sûrement des créatifs du marketing qui devront se montrer percutants tout en restant concis dans la transmission de leurs messages…
Océ : Vers quel axe s’oriente votre collaboration avec Océ ?
Alain Labourdette : Nous travaillons sur l’augmentation de la vitesse de nos solutions de pré / post-impression pour une totale compatibilité avec les imprimantes de demain. Nous pensons aussi à l’intégration de nouveaux dérouleurs et à des systèmes d’alimentation en continu pour des presses page à page, technologie encore peu répandue en France mais devenue courante aux Etats-Unis. Nous avons d’ailleurs présenté ces développements lors de la dernière Drupa en 2008.
Pour l’heure, nous sommes très satisfaits de notre collaboration avec Océ sur les marchés de l’impression transactionnelle et du Marketing Direct. Encore modeste dans le secteur « imprimeur », elle devrait rapidement se renforcer autour des nouvelles solutions de finition.
Au-delà des développements technologiques, un partenariat durable doit s’appuyer sur la qualité des relations humaines…